Claire T. était née lumineuse.
Sa peau luisait, le jour de sa naissance.
Les médecins parlaient d'ichtyose,
De maladie congénitale.
J'ai bien peur, clama l'accoucheuse,
Qu'il faille appeler l'ambulance :
Sous cette enveloppe de cellulose
L'issue pourrait être fatale !
Mais Claire T. n'était pas malade.
Elle grandit et suivit l'école.
Ses maîtres la jugèrent brillante
Ce qui énervait ses camarades.
Encore une surdouée ? Pas de bol !
Criaient-ils à la cantonade.
Les ampoules brillent mais sont chiantes
A faire de l'ombre, avec leurs tirades !
Quand Claire T. devint adulte,
Les hommes la trouvèrent resplendissante.
L'un d'eux lui voua même un culte
Et l'invita sous sa charpente :
J'aime passionnément la lumière
Éblouis, scintille, aveugle-moi !
Mais lorsqu'il vit nue, la nuit venue, Claire
Le clair obscur le remplit d'effroi.
Il attendit, en boule, que l'aube rampe
Pour tuer, comme on tue les vampires,
Claire d'un pieu taillé dans une hampe.
Pour sa défense, le jour du procès,
Alors que le juge - un lampadère -
Lui demanda "qu'avez-vous à dire ?"
Il prétendit qu'il avait pris
Le pieu pour le pied d'une lampe.
A quinze ans, au lycée, j'ai entendu mentionner la forme japonaise de l'haïku, "petit poème extrêmement bref visant à dire l'évanescence des choses" (wikipédia). Fascinée, je me suis demandé si, dans la même sorte de tercet court, on pourrait faire tenir une histoire. J'ai essayé. Puis, quelques années plus tard, on m'a offert "La tristesse du petit enfant huître et autres contes" de Tim Burton. Ce ne sont pas des haïkus, mais quelque chose de leur esprit est là : la forme très courte, la légèreté, l'absurdité, l'évanescence, la force étrange qui se dégage de ces mots comptés... J'ai continué à m'essayer à cette forme de fictions ultra-courtes. Des "croquis" d'écrivain, en somme, qui me servaient plus d'entraînements et bases de nouvelles un peu plus longues que d'histoires "montrables" en elles-mêmes. Et puis j'ai relu les contes de Tim Burton, et d'autres "micro-conteurs", comme Lisa Falzon, se sont lancés. Le temps est peut-être donc venu... J'ai alors ressorti de petits cahiers que j'avais commencé à noircir, laissé venir d'autres historiettes, et voilà, l'aventure de ces Carnets absurdes est lancée !
When i was fifteen, in high school, I heard about the haiku, "extremely short little poem to tell the evanescence of things" (Wikipedia). Fascinated, I asked myself if, in the same sort of short-triplet, someone could tell a whole story. I tried. Then a few years later, i was given "The sadness of Oyster Boy and Other Stories"by Tim Burton. This is not haiku, but something close : the very short form, lightness, absurdity, evanescence, the strange power that emerges... I continued to try my hand at this form of micro-fiction. I considered them more frequently at new bases for longer stories than at real printable fictions . And then I re-read the short stories of Tim Burton -- and other "micro-tellers, " as Lisa Falzon, published their stories on their blogs. It's maybe time i launch myself. That's the aim of these "absurd fictions". Very often i will write in french, sometimes in english as well. I apologize for my numerous mistakes, i understand several languages but i don't speak very fluently :o)
mardi 1 mars 2011
vendredi 25 février 2011
Dans la tête d'un autre
C'est l'histoire d'un homme qui voulait être dans la tête d'un autre...
Juste pour voir.
Un jour il y fut.
Il s'y vit.
Et il n'eut qu'une hâte : la quitter.
Juste pour voir.
Un jour il y fut.
Il s'y vit.
Et il n'eut qu'une hâte : la quitter.
mardi 22 février 2011
La lettre d'Alphonse
Alphonse, chaque semaine, fouille les ordures.
Il parcourt toutes les rues et ouvre les sacs qui les jonchent ;
Il n'a pas faim, ni soif, ni froid, ne cherche ni vêtements ni nourriture.
Simplement, il y a des années, il a trouvé une femme très belle,
Lui a écrit une lettre d'amour, puis l'a jetée à la poubelle.
Depuis, il attend la réponse.
Il parcourt toutes les rues et ouvre les sacs qui les jonchent ;
Il n'a pas faim, ni soif, ni froid, ne cherche ni vêtements ni nourriture.
Simplement, il y a des années, il a trouvé une femme très belle,
Lui a écrit une lettre d'amour, puis l'a jetée à la poubelle.
Depuis, il attend la réponse.
dimanche 20 février 2011
The lovers
Her name was Jane, and his name Tom.
He smiled at her, she laughed, dippy
They made each other so happy
Their smile looked so much like the sun
Everything for them was such fun
Each moment was such a candy
That they swallow time as jelly.
Beautiful Jane, my sweetheart Tom,
He crooned to her, she sang softly,
All the time he complimented her, in return she revered him deeply,
Their love sounds like a heart murmur...
A sort of disease ? Could it occur ?
Unfortunatly yes, it did. One day the passion above Tom's head
Burnt the oxygen around him : he suffocated and felt dead.
And around Jane, the love died out
She coughed, shelled out,
Tried to escape, but realized that her scorched love's sticky fingers
Stopped her race
She had to kneel down as if she for the last time worshiped him
And she snatched Tom's hands with her teeth
Years later, when remember him,
Consumed and stark, gripping her feet
The past love just looked like a grim
And she didn't feel any pain
Or maybe sort of phantom limb.
He smiled at her, she laughed, dippy
They made each other so happy
Their smile looked so much like the sun
Everything for them was such fun
Each moment was such a candyThat they swallow time as jelly.
Beautiful Jane, my sweetheart Tom,
He crooned to her, she sang softly,
All the time he complimented her, in return she revered him deeply,
Their love sounds like a heart murmur...
A sort of disease ? Could it occur ?
Unfortunatly yes, it did. One day the passion above Tom's head
Burnt the oxygen around him : he suffocated and felt dead.
And around Jane, the love died out
She coughed, shelled out,
Tried to escape, but realized that her scorched love's sticky fingers
Stopped her race
She had to kneel down as if she for the last time worshiped him
And she snatched Tom's hands with her teeth
Years later, when remember him,
Consumed and stark, gripping her feet
The past love just looked like a grim
And she didn't feel any pain
Or maybe sort of phantom limb.
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